ÉPISODE n° 9 :

Des musulmans
en france ?

Temps de lecture : 3 minutes

721 : Toulouse

« En 732, Charles Martel arrête les arabes à Poitiers » … mais c’est devant Toulouse, en 721, que les armées arabes ont subi leur première grande défaite.

Elle est le symbole d’une nouvelle période, d’un nouveau Temps …

 

LA PREMIÈRE DÉFAITE : 

Après avoir conquis Narbonne, Carcassonne et toute la Septimanie aux Wisigoths, les armées omeyades continuent leurs avancées. C’est en Aquitaine, au Sud de la Gaule, que les premières confrontations entre les Francs et les Arabes auront lieu et plus précisément à Toulouse.

Après quelques hésitations, en 721, Al-Samh Ibn Malik, nouveau gouverneur d’Al Andalus, tout juste nommer par le calife Omar II, décide de se lancer à la conquête de cette grande ville du Sud de la Gaule. Après un siège difficile, les guerriers toulousains, dirigés par Eudes, duc d’Aquitaine, finissent par vaincre les troupes omeyades.

C’est la première défaite des Musulmans. Après des années d’invincibilité, les guerriers arabes et berbères subissent un grand revers. Al Samh est tué devant les remparts de Toulouse. C’est en fini de l’invincibilité des Arabes.

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LE DERNIER « ROI FAINEANT » :

Alors qu’Eudes combat les armées omeyades, le roi des Francs Thierry IV ne réagit pas. En 721, la Gaule est dominée par les guerriers francs depuis les invasions barbares du Vème siècle. À leur tête, il y a un descendant de Clovis, un Mérovingien : le roi Thierry IV. Mais ce dernier n’a aucun réel pouvoir. Il est le dernier des « rois fainéants », ces derniers rois francs de la dynastie mérovingienne soumis aux Maires du palais, des « premiers ministres », qui contrôle réellement le royaume.

LE DERNIER MAIRE DU PALAIS :

En 721, C’est Charles, qui va bientôt prendre le surnom de Martel, qui dirige. Il est le Maire du Palais d’Austrasie et le Duc des Francs. Malgré ses talents politiques, l’ancien royaume de Clovis est divisé. Les nobles francs de Neustrie et d’Austrasie ne cessent de s’affronter. La Bourgogne et la Provence sont quasiment indépendantes. Quant à la riche Aquitaine, elle est dirigée par le duc Eudes qui a fait de Toulouse sa capitale. L’arrivée des troupes omeyades est l’occasion qu’attendait Charles pour devenir le nouveau roi des Francs.

LE DERNIER CALIFE :

En 721, à Damas, de l’autre côté de la Méditerranée, le calife omeyyade Omar Ibn Abd-Al-Aziz vient juste d’être assassiné. Il est le huitième mais surtout le plus célèbre et le plus respecté des rois omeyades. Il est considéré comme le dernier Calife « bien-guidé » en raison de sa piété mais aussi des réformes qu’il a tenté de mettre en place. Ainsi en 717, dès son arrivée au pouvoir, il ordonne aux troupes omeyades qui assiégeaient Constantinople de rentrer à Damas. On rapporte qu’il voulait imposer la même décision soldats arabo-berbères d’Al Andalus : Quitter l’Europe et rentrer en Afrique.

LES PREMIERES RAZZIAS :

Une telle décision s’imposait pour cet illustre calife. Il est le témoin d’un changement profond dans l’attitude de l’élite arabo-musulmane. Si même du temps du Prophète de l’Islam, de nombreux guerriers musulmans n’étaient motivés que par l’appât du gain et par l’accumulation du Butin, cette basse motivation était condamnée notamment par de nombreux versets du Coran. Mais en 721, en Gaulle, pour la majorité des généraux musulmans, il n’est plus question de se défendre, de résister à un oppresseur ou même de partager sa Foi. Le « Jihad » n’est qu’une entreprise de pillages qui n’a d’objectif que l’accaparement de richesses : les razzias s’intensifient dans toute la Gaule.

 

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LES DERNIERS BEDOUINS :

On comprend mieux alors pourquoi l’illustre Omar II a été assassiné. Il voulait mettre fin à cette dérive qui depuis maintenant de nombreuses années a enrichi de manière vertigineuse bon nombre des membres de l’élite arabe omeyade. La plupart des entre eux, notamment ceux présents à Europe, n’ont jamais connu l’Arabie et ses déserts, aucun n’a vécu à La Mecque ou à Médine. Ils n’ont jamais été des bédouins mais ont grandi dans les palais de la riche Syrie. Depuis près d’un siècle, cette élite arabe domine des millions de personnes de l’Indus à l’océan Atlantique et s’enrichit à l’excès. Beaucoup d’Arabes s’enorgueillissent et veulent accaparer toutes les richesses sans limites.

LE DERNIER COMPAGNON :

Or quel que soit nos convictions, on peut reconnaitre à l’Islam et notamment à la fameuse « Charia » d’avoir canaliser les fougueux arabes bédouins du désert. Mais en 721, le Prophète ﷺ est mort depuis près d’un siècle, tous Ses Compagnons sont morts, … Ainsi les historiens musulmans n’ont identifié qu’un seul Compagnon du Prophète ayant participé à la « Libération » de la Péninsule ibérique : Al Mounaydhir le Yéménite qui après avoir résidé à Kairouan serait décédé en Hispanie à un âge très avancé. C’est peut-être l’un des derniers Compagnons du Prophète à mourir. Comme Ibn Khaldun, le grand historien, le fait remarquer : avec la disparition de ces illustres personnages, la Lumière du Prophète ﷺ s’est dissipée progressivement. L’élan initial inspiré par une Foi nouvelle s’est progressivement altéré pour se transformer en des opérations militaires pour voler du butin. L’objectif des rois omeyades et de l’élite arabe les courtisant est de s’enrichir à n’importe quel prix.

LES FRANCS, LES DERNIERS BARBARES :

En Gaule, cela devient plus difficile. D’abord, plus on s’éloigne de Damas, plus les difficultés matérielles et logistiques s’accroissent. Mais au-delà de cela, le royaume des Francs diffère des empires déjà conquis par les cavaliers arabes. Le pouvoir y est morcelé et aux mains de nobles qui s’entredéchirent depuis des centaines d’années. Les Francs sont habitués à la guerre et sont des combattants plus coriaces que les Wisigoths ou les Ibères. Les Arabes vont trouver en Gaule des adversaires à leur hauteur. Ces Barbares qui avaient envahi quelques siècles auparavant l’Empire romain ont gardé leur combativité à l’inverse par exemple des Wisigoths qui s’étaient « romanisés ». Arabes et Francs vont se combattre : Les défaites et les victoires pour chaque camp vont s’alterner. Après Toulouse, c’est à Poitiers que les armées arabo-berbères vont subir leur deuxième défaite face aux Francs. Nous verrons cela au prochain récit.

 

Récit Coexistence Arabes Francs Derniers barbares

écrit par Mouad AZZA

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